Gingerize the Lotus, mes recettes végétariennes gourmandes.

lundi 30 mai 2011

De l’étrange étrangeté de nos assiettes intrigantes.



Que faire quand vous vous retrouvez à dîner avec des personnes qu’il ne s’agit pas de froisser (parmi elle, une DRH à ne pas brusquer) mais que votre régime alimentaire risque de dénoter ?



Avant je ne me posais pas la question, puisqu’à l’exception du porc, je mangeais de tout, du sashimi au tartare et carpaccio de bœuf en passant par les escargots. (Est-ce que je devrais censurer ces mots sur un blog végé ? Lecteur en quête de la recette des escargots sauce à la diable, je viens de te feinter et j’en suis désolée. Avant de retourner sur Google Search, sache seulement que manger des escargots, c’est péché!).

Mais ce week-end j’ai compris la difficulté des personnes allergiques et de ceux qui font l’impasse sur certains aliments pour quelque raison que ce soit (religieuse, éthique, etc). 

Je ne comprends pas, en revanche, que cela puisse devenir un handicap que de refuser l’assiette de poulet aux antibios ou poisson au mercure.

Dit comme ça, je passe pour une intégriste du bio mais même le certifié « élevage en plein air et grain doré» ou « pêché en Atlantique au filet sélectif pour thon uniquement» ne suffit plus à me rassurer.

Mais le terrorisme écologiste n’est pas là le moindre défaut du végétarien! 

Que certains soient sincèrement incrédules n’est pas si surprenant: selon ses habitudes alimentaires, on peut considérer qu’un repas sans charcuterie ni steak juteux est trop peu funky pour être enviable. Soit. D’ailleurs, passer pour une ascétique m’indiffère passablement (d’avantage que de savoir que je mange un blanc de dinde javellisé, en tout cas).
Du moins auprès des convives, parce que sitôt le serveur prévenu, il a tendance à vous rapporter une assiette que j’appellerai « le mix improbable du pathos et du tragique» et ça me préoccupe d’avantage, voyez.

Quid du combo ? Au pire, on vous sert du concombre tueur allemand (issu de l'agriculture biologique) venu d’Espagne une assiette qui associe différentes sortes de riz (sauvage, thaï, rond), deux-trois légumes imbibés d’huile et des dés de betterave froide ici ou là, sans doute pour la couleur. Parfois on découvre des pâtes à l’huile en dessous. Surprise du chef! Mais rien de gratiné au propre comme au figuré : les convives se rassurent sur votre paranoïa orthorexique en sachant qu’un végétarien boit du lait, mange du fromage et même parfois des œufs (des œufs !) mais les cuisiniers semblent l’ignorer. 

Ce week-end c’était un peu mieux que le pire du pire. L’assiette se composait de ratatouille, de purée plutôt pas mauvaise et de haricots verts…

Comment ça "ce week-end" ?

Eh bien oui, c’est ce que j’ai dîné le samedi et déjeuné le dimanche… 

Est-ce que certains grincent à la table parce que franchement, la capricieuse que je suis pourrais s’estimer contente qu’on ne lui fiche pas une pâte de poulet frite dans sa purée ?

… Non. Ils pestent contre le poulet servi à dose homéopathique.(ahahaha)

Cependant, nous eûmes droit à quelques réflexions.

Nous ?

Nous !

Figurez-vous que nous étions en chambre double et que j’ai ainsi fait la connaissance d’une charmante Toulousaine qui se révéla végétarienne (et auteur d’un blog, by the way !). Le hasard fait bien les choses ! 

Donc La Fée Végétarienne et moi répondîmes à certaines questions, comme la très classique :

« Ah mais tu ne manges pas de poisson non plus ? Pourquoi ? »

A la pertinente :

« Mais la viande ne te manque pas ? »

Mais ce que je préfère : qu’un convive me jure ses grands dieux qu’il est hyper vraiment hyper tolérant. Sous-entendu : on en a pendu pour moins que ça mais je vais me resservir un verre et oublier très vite que tu es une mangeuse de salade.

C’est bien connu, le végétarien se nourrit de pousses d’herbes. Mais il les vampe un peu avec des graines de courge, c’est plus festif !



Et que faire quand on vous accuse de renier votre généalogie  de carnivore, descendant de chasseurs-cueilleurs, de domesticateurs de gigot, de carbonisateurs de Jeanne D’Arc et de gourous du Maxi Big Mac ? 


Je conseille la stratégie grégaire. Si vous avez la chance de dîner dans un restaurant infâme, faites comme les affamés qui en sont réduits à se ruer sur les corbeilles de pain (pas très bio). Pareille situation rapproche énormément.

Si par malheur le resto est sympa et que les « normaux » se contentent de leurs belles assiettes, deux solutions se présentent:

-         Dès la première question désobligeante, vous lancer dans un panégyrique Greenpeace qui ne fera pas diversion mais saura égayer l’assemblée, j’en suis sure.
-         Attendre le dessert.

Moralité : il arrive qu’on se sente presque coupable d’avoir pris une décision que l’on croyait responsable. 

Malheureusement, cet article ne s'adresse pas aux végétariens qui ont appris très vite comment feinter les méchants (!). En revanche, si vous n'êtes pas végétarien et que vous avez lu tout cet article même s'il ne contient pas la recette des escargots à la sauce à la diable, j'espère que je ne vous aurais pas persuadé que les végétariens sont décidemment par trop... étranges! 


;)


 (attentat au smiley green! woooouhou!!!)



PS : Ma mère vient de déclarer le concombre indésirable à la maison. Je ne comprends pas : comment peut-on être aussi psychorigide sans même être végétarienne ? Diantre !

2 commentaires:

Fadosol a dit…

Ne pas oublier le grand classique : Léonard de Vinci était végétarien et Wagner aussi. (ceci-dit, je ne suis pas fan (de radis bien sûr) de Wagner, mais on ne peut pas accuser tous les végétariens d'être ramollos du cerveau.

Ce qui interpelle dans ce genre de situation c'est le peu de tolérance face à une façon "un peu" différente de vivre. Le nid du racisme commence déjà à ce niveau.

Fadosol a dit…

ah, damned, j'ai oublié de fermer une parenthèse !